Des transfuges conservateurs et néo-démocrates permettent aux libéraux de prendre le contrôle des comités et d’ignorer les demandes du Québec
Ottawa, 28 avril 2026 – Après avoir promis aux partis de l’opposition de collaborer et de solliciter ses points de vue le lendemain des élections partielles, le premier geste du gouvernement aura été de changer de manière unilatérale les règles du jeu, sans consultation.
« Les libéraux violent la tradition parlementaire voulant que l’on procède par consensus lorsqu’il s’agit d’établir la composition des comités. La motion qu’ils ont fait adopter entraînera une surreprésentation des libéraux et ne reflète en aucun cas la composition du Parlement.
Ce processus est vicié, d’autant plus que lors d’une conférence de presse le mercredi 22 avril, le leader parlementaire du gouvernement, M. MacKinnon a rejeté l’idée selon laquelle le gouvernement ferait valoir sa majorité au sein des comités pour faire adopter des lois à la hâte au Parlement », explique Yves Perron.
Ce seront maintenant 7 députés du Parti libéral, 4 députés du Parti conservateur et un député du Bloc Québécois qui siégeront sur la grande majorité des comités.
Pour le Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique, le Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires, le Comité permanent des comptes publics et le Comité permanent de la condition féminine, il s’agira plutôt de 5 députés du Parti libéral, 4 députés du Parti conservateur et un député du Bloc Québécois.
« Mark Carney et son gouvernement n’ont pas été élus majoritaires et se sont bâtis par transfuges cette fragile majorité. Malgré tout, ils se permettent par cette motion de cimenter leur assise pour toute la durée de la législature. Les Québécois savent à quoi s’attendre maintenant. Au moins, ils sont assurés que leurs députés du Bloc, eux, ne sont pas à vendre! », résume le whip bloquiste et député de Berthier-Maskinongé.
La mise à jour économique d’hier ne prend aussi aucunement compte des demandes du Québec, en prolongeant entre autres les crédits d’impôt pour les pétrolières d’une valeur d’une valeur totale de 14,5 milliards pour le captage de carbone et en les élargissant pour couvrir la récupération assistée du pétrole, ce qui permettra d’extraire plus de pétrole bitumineux. Le gouvernement libéral en a aussi profité pour en œuvre une nouvelle subvention de 640 millions pour les installations de gaz naturel liquéfié.
« Les sommes pour les énergies fossiles pullulent alors qu’aucune proposition du Bloc Québécois n’a été mise en place pour atténuer la crise tarifaire aggravée par le nouveau calcul des droits de douane par les Américains, en vertu duquel près de 60 % des exportations du Québec vers les États-Unis sont maintenant affectées. Alors que nous demandions une subvention salariale, de l’aide pour l’industrie forestière, une réforme de l’assurance-emploi, Ottawa continue sur sa voie, se contentant d’offrir une éventuelle consultation sur la possibilité d’élargir, peut-être, le crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique. Une solution bien peu tangible d’un Mark Carney, qui a cédé sur la taxe sur les géants du web, à la demande de Trump. Afin d’être entendus, les Québécois devront résolument monter le ton », conclut Yves Perron.
Source :
Thierry Vadnais-Lapierre Adjoint parlementaire
















Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !